Communiqué de presse de Nicolas Bay, Co-Président du groupe Europe des Nations et des Libertés au Parlement européen, et de France Jamet, Député français au Parlement européen, membre de la commission INTA (Commerce international)

Le renoncement du président de la République au sujet de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays sud-américains du Mercosur constitue un véritable coup de poignard pour nos agriculteurs et nos éleveurs. En effet, Emmanuel Macron vient de demander à la Commission européenne d’accélérer le processus de négociation avec les pays du Mercosur pour arriver à un accord de libre-échange rapide. La trahison pour nos agriculteurs est double, car elle intervient juste au moment où l’UE a cédé face aux pressions des pays sud-américains et a accepté de hausser jusqu’à quelque 100 000 tonnes annuelles, l’importation de viande bovine issue d’élevages d’Amérique latine, tout en ouvrant un contingent pour le sucre qui s’ajouterait à celui concernant l’éthanol.

Le président Macron, habitué à jouer sur tous les tableaux sans vraiment afficher de position claire, est celui qui a demandé à la Commission européenne d’accélérer le processus de négociation pour arriver à un accord rapide. Le même Macron qui demandait, en octobre dernier lors des États généraux de l’alimentation, une « pause » dans les négociations…

Ce sont des dizaines de milliers d’emplois qui seraient affectés selon les études des syndicats de professionnels, sans parler du risque sanitaire pour les consommateurs, puisque les bovins sud-américains sont essentiellement nourris à base d’OGM et que les éleveurs ont massivement recours aux antibiotiques. Tout cela pour satisfaire les multinationales et dans une logique hyper-productiviste et mercantile. Depuis le début, seuls les élus du Front National au Parlement européen se sont mobilisés contre ces traités. Ils ont alerté les Français, ils ont voté contre ces mandats de négociation, ont dénoncé cette grave atteinte à la souveraineté économique des Nations et la concurrence déloyale qui en résulterait. À l’inverse des élus LR ou PS, qui n’ont constitué qu’une opposition de façade, nous proposions le retour à une politique agricole française et un protectionnisme intelligent, unique solution viable et efficace contre la logique du libre-échange sans-frontières.