Préparé dans la plus grande opacité, sans consultation préalable des parlements nationaux, une fois mis en oeuvre, le traité de libre-échange entre l’Union Européenne et le Canada (CETA) nuira à l’environnement, à la qualité de vie, à l’emploi et à nos services publics. D’abord, parce que ce traité entend supprimer toutes les barrières douanières, dans le secteur agricole principalement, et ensuite et surtout parce que les barrières non-tarifaires, à savoir les règlements et les normes sanitaires, seront jetées aux oubliettes. Contournant ou annulant des normes qualitatives protégeant le producteur et le consommateur, le CETA risque de déstabiliser, et même de balayer, des pans entiers de notre économie.

Sur le plan institutionnel, le CETA portera également une grave atteinte à la souveraineté des nations. De la même manière que le TAFTA (traité transatlantique négocié entre l’Union Européenne et les États-Unis), il prévoit un mécanisme de règlement des différends qui permettra aux multinationales d’attaquer les États quand elles estiment qu’une législation, une norme sociale ou environnementale contrevient à leurs intérêts financiers… Une entreprise d’outre-atlantique sera donc en mesure de porter plainte auprès d’un tribunal d’arbitrage si elle estime, par exemple, que le refus par la France du bœuf aux hormones ou des volailles traitées au chlore participe d’une violation des règles de libre-concurrence entrées en vigueur !

Voilà pourquoi le Front National combat l’accord que s’apprête à signer la Commission illégitime de Bruxelles avec le Canada. Une fois de plus, le gouvernement de Manuel Valls aura menti aux Français : acceptant de signer le CETA tout en prétendant, dans le même temps, refuser le TAFTA, alors que le Canada et les Etats-Unis appartiennent à la même zone de libre-échange et que l’on ne compte, en outre, pas moins de 42 000 sociétés américaines sur le sol canadien ! Faire croire aux Français que les produits américains n’entreront pas en Europe, via le Canada, relève de la plus grossière manipulation.

Ce n’est ni avec davantage de concurrence déloyale, ni avec plus de dérégulation, que notre économie se redressera, mais grâce à une politique protectionniste menée par un État stratège dont la seule boussole sera le patriotisme économique et la défense de nos entreprises et de nos emplois.